42. [L-16] Re: Blog : Etonnement et adhésion, réponse de Christophe à Pierre

[Note du modérateur:
cette discussion commence à être hors sujet, ce message sera le dernier à être repris dans le "blog public", les suivants resteront dans la zone "archives". Bonne discussion et toutes mes félicitations pour la tenue des arguments.]

Bonjour à tous,

Je suis très étonné des arguments avancés par Pierre sur les biens fondés d’une étude. Que le savoir puisse être instrumentalisé par le pouvoir est un fait. Mais est-on en mesure de déterminer ce qui ne peut pas être instrumentalisé par le pouvoir ? Quant aux exemples, ils sont nombreux, depuis les Lumières, pour rappeler que le savoir et la connaissance sont des instruments, qui quoique manipulables, ont été mis au service du progrès dans l’histoire de la République. Un détour par l’œuvre de Michel Foucault, notamment « Surveiller et punir » (Gallimard, 1975), montre que les institutions organisent savamment une coercition, que seule une critique sociale fondée sur la recherche (c’est à dire la production de savoir), peut éclairer. La comparaison avec les débats sur la prise en compte de l’ethnicité est un peu légère, tout simplement parce que les missions du ministère de l’Intérieur et du ministère de la Culture ne sont pas du tout les mêmes.

Je tiens à rappeler l’indépendance de notre équipe de chercheurs. En ce qui me concerne, j’ai précisément travaillé sur la dimension associative qui caractérise l’histoire contemporaine du tango argentin en France. L’un des rares ouvrages sur cette question provient d’une de mes études : Le tango argentin en France, Anthropos, 1998. Elle s’est poursuivie par une recherche plus générale sur l’ensemble des danses de couple, publiée elle aussi : Sociologie des danses de couple, L’Harmattan, 2005. Dans ce dernier se trouve une bibliographie assez complète des travaux disponibles sur les danses sociales. J’ai également participé à l’ouvrage Danses latines, le
désir des continents (Editions Autrement, E. Dorier-Apprill, dir., 2000), ou figure d’ailleurs un article écrit à six mains avec Elisabeth Dorier-Apprill et Federico Rodriguez Moreno sur les mutations de la transmission du tango de ces dernières années. Enfin, parce que le tango est une danse dont certaines problématiques sont communes à d’autres danses, je recommande la lecture d’un ouvrage intéressant : Bruni Ciro (dir.), 1998, L'enseignement de la danse et après!, Sammeron, GERMS.

Pour le reste, je tiens à rester réservé, de façon à suivre la richesse des débats autour de ces questions.

Cordialement

Christophe Apprill
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